La paracha Ha’azinou reprend le cantique prononcé par Moïse avant de bénir le peuple et de monter sur le mont Nevo, d’où il contemplera la terre d’Israël et mourra. C’est le dernier jour de sa vie.
La Torah insiste sur le fait que « à ce jour, personne ne sait où se trouve sa tombe », pour éviter qu’elle ne devienne un lieu de pèlerinage ou de culte. Moïse n’existe pas dans le judaïsme en tant qu’objet de culte mais en tant que modèle auquel chacun de nous aspire. Il est le symbole éternel d’un être humain rendu grand par ce pour quoi il s’est efforcé, et non par ce qu’il a réellement accompli.
Agir collectivement dans le respect de la diversité
Il n’y a qu’une seule Torah, mais elle donne lieu à différentes sortes d’enseignements, différentes sortes de vertus. La Torah est parfois considérée par ses détracteurs comme trop stricte et étroite, comme si elle cherchait à rendre tout le monde identique. Le Midrash soutient le contraire. Dans son poème, Moïse la compare à la pluie, parce qu’elle nous fait grandir, chacun en fonction de notre plein potentiel. C’est pourquoi, selon Maharsha, il existe 600 000 interprétations de la Torah. Chaque individu est théoriquement capable d’un aperçu unique de sa signification.
Le philosophe français Emmanuel Lévinas a commenté :
« La Révélation a une manière particulière de produire du sens, qui réside dans son appel à l’unique en moi. Tout se passe comme si une multiplicité de personnes… était la condition de la plénitude de la « vérité absolue », comme si chaque personne, en vertu de sa propre unicité, pouvait garantir la révélation d’un aspect unique de la vérité, de sorte que certaines de ses facettes n’auraient jamais été révélées si certains peuples avaient été absents de l’humanité. »
Le judaïsme, en bref, met l’accent sur l’autre côté de la maxime E pluribus unum (« De la multitude, un »). Il dit : « A partir du Un, beaucoup ». Le miracle de la création est la diversité.
*Selon les enseignements du Rav Sacks