Le saviez vous? Mordecai Manuel Noah, précurseur d’Israël et du Birobidjan

En 1825, Mordecai Manuel Noah, journaliste, diplomate et dramaturge juif américain, lança un projet étonnant : fonder une ville-refuge pour les Juifs persécutés du monde entier. Baptisée Ararat, celle-ci devait être construite sur Grand Island, dans l’État de New York, en attendant la possibilité d’un retour en Terre sainte. Le 15 septembre 1825, Noah organisa une cérémonie solennelle à Buffalo, se proclamant lui-même gouverneur de ce territoire qui n’existait encore que sur le papier. Pourtant, aucun colon ne vint s’y installer et le projet fut rapidement abandonné.

Son initiative annonce, à sa manière, les réflexions qui conduiront plus tard à la création d’Israël, même si elle ne relevait pas encore du sionisme politique organisé. Elle rappelle aussi, par contraste, le projet soviétique de Birobidjan, lancé dans les années 1920 et devenu en 1934 une région autonome juive où la culture yiddish devait prospérer. Là où Noah imaginait un refuge provisoire avant un retour en Palestine, les autorités soviétiques proposaient une alternative territoriale au sionisme, dans l’Extrême-Orient russe.

Ces trois projets, très différents par leurs ambitions et leur contexte, témoignent d’une même question historique : où et comment garantir un avenir collectif au peuple juif ? Ararat, lui, ne laissa finalement qu’une pierre commémorative et le souvenir d’une utopie singulière.

Partagez l'article