Réflexion sur la Parasha Korach

L’histoire de la rébellion de Korach a été un défi désastreux pour Moïse.
Le Rambam mentionne que cet épisode n’était possible que suite à celui des espions, à la sanction qui empêchera toute une génération de rejoindre la Terre promise, produisant un immense désespoir.
C’est alors que Korach défie le leadership de Moïse.

 

Le premier populiste

Korach était l’un des premiers populistes. Il fondait sa politique sur la colère.
Le 20ème siècle a montré que derrière le populisme se cache la tyrannie. Le rejet des dirigeants démocrates pousse la population à soutenir les populistes qui se présentent comme la voix légitime du peuple, et leur attribue des pouvoirs étendus, au mépris des droits fondamentaux.
Korach utilise les ressorts typiques du populisme:

1. Korach prétend que Moïse et Aaron sont corrompus: Moïse ferait preuve de népotisme en désignant Aaron.
2. Korach prétend être désigné par le peuple. C’est toute la communauté qui est sacrée. Il délégitimise Moïse.
3. Les rebelles diffusent des fake news, Moïse doit se défendre de s’être attribué un âne.

Le Talmud valorise par sa méthode la diversité d’opinion, le maintien d’un lieu d’expression pour les opinions divergentes et minoritaires, tels sont les enseignements de l’étude.

Se fondant sur l’épisode de la rébellion de Korah, le Pirké Avot distingue deux types de disputes: celles au « nom du ciel », c’est-à-dire pour la recherche de la justice et de l’équité, et celles qui sont générées pour des raisons égocentriques et sans autre but que celui d’avoir raison. Pour donner des exemples, les rabbins citent les disputations entre Hillel et Chammaï dont les arguments étaient uniquement éthiques ou halakhiques. Pour le second exemple, les rabbins citent la révolte de Korah et de ses partisans.

Dans l’interprétation du Talmud, l’ensemble des arguments sont pris en considération. La Méthode est plus importante que le résultat de la controverse. Hillel reprenait systématiquement les arguments de Chammai et les exposait avant les siens.

Si vous voulez comprendre une accusation, regardez l’accusateur, non l’accusé.
Korach, Datan, Aviram et leurs co-conspirateurs voyaient le leadership comme un statut, un pouvoir, une forme de supériorité. C’est ce qu’ils souhaitaient obtenir. Mais le leadership juif n’est pas comme ça, ou en principe ne peut pas l’être. Le judaïsme est fondé sur le principe non négociable de la dignité de la personne humaine.

 

*Selon les enseignements du Rav Sacks

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