Sim’hat Torah coïncide avec Shemini Atzeret, les septième et huitième jour de Souccot. En diaspora, les jours de célébration se suivent alors qu’en Israël les deux coïncident (Sim’hat torah tombe alors le neuvième jour de Souccot).
Shemini Atzeret
Shemini Atzeret est-elle une fête à part entière ?
Il s’agit d’une célébration de la terre, de la nature, des récoltes, et l’occasion d’espérer des pluies abondantes dans un pays désertique. Le septième jour de Souccot, à l’époque du Temple, 70 boeufs étaient offerts. Les Sages considèrent que cela correspond à la vision de Zacharie : un jour, toutes les nations célèbreront Souccot : 70 boeufs pour 70 nations.
Zacharie, dans sa vision que nous lisons comme la Haftarah du premier jour de Souccot, décrit que toutes les nations reconnaîtront la souveraineté d’un seul Dieu transcendant. Pourtant, dans le même temps, Zacharie envisage les nations ne participant qu’à Souccot, la plus universelle des fêtes, et celle à laquelle elles ont le plus d’intérêt puisqu’elles ont toutes besoin de pluie. Il n’envisage pas qu’ils deviennent juifs, acceptant le « joug des commandements », tous les 613. Il ne parle pas de leur conversion.
Le résultat pratique de cette double théologie – l’universalité de Dieu et la particularité de la Torah – est qu’il nous est ordonné d’être fidèles à notre foi et d’être une bénédiction pour les autres, quelle que soit leur foi. C’est la voie juive. Cette vision correspond à l’existence de l’Alliance universelle, celle qui établit les commandements transmis à Noah après le déluge, ainsi que l’Alliance spécifique avec Abraham et sa descendance.
Sim’hat Torah
Le lendemain de Shemini Atzeret, est célébré Sim’hat torah, qui concerne uniquement le peuple juif. Elle marque la lecture de la 54ème et dernière paracha, et le recommencement du cycle tous les ans. Sim’hat Torah date de Babylone, au cinquième ou sixième siècle, alors que les israélites avaient perdu leur terre et que seule restait la Torah. Seule cette dernière, à travers les siècles, a maintenu la nation juive, puisqu’elle avait perdu tous ses autres attributs, y compris une langue vernaculaire commune.
A la même époque, en Israël, le texte de la Torah était divisé en chapitres plus courts, et donc plus nombreux. La lecture pouvait prendre deux ans et demi. Sim’hat Torah n’est donc établie ni par la Torah, ni par le Talmud, ni par une décision d’une instance religieuse. C’est ce que les mystiques appelaient itaruta deletata, un « réveil d’en bas » – une initiative qui a émergé du peuple juif lui-même.
*Selon les enseignement du Rav Sacks