Réflexion sur Shavouot

Fête des moissons ou don de la Torah ?

Shavouot était à l’origine une fête du repos et des sacrifices à l’occasion des moissons, au cinquantième jour de Pessah, pour se transformer au fil des âges en Zeman Matan Toratenou (Temps du Don de la Torah). Shavouot est la seule fête qui est fixée après une certaine période et non par une date dans le calendrier : 7×7 semaines après Pessah. Ces sept semaines séparaient le début de la moisson d’orge à celle du blé. A cette occasion, des offrandes étaient apportées au Temple et on prononçait la phrase du début du seder de Pessah : « Enfant d’Aram, mon père était errant, il descendit en Egypte, y vécut étranger… »

Shavouot n’est pas accompagnée de rituels spécifiques, mais de coutumes comme fleurir la synagogue. Dans le récit du don de la Torah, il revient à Moïse de la présenter au peuple, pour qu’il l’accepte. Le peuple répond favorablement à trois reprises. Les deux premières fois, le texte insiste sur l’unanimité (malgré les nombreuses tensions au sein du peuple) lorsqu’il répond « Naasé » (nous le ferons). La troisième fois, il répond par Naasé ve Nishma (nous le ferons et nous écouterons).

Mais ici, l’unanimité n’est pas mentionnée. Les Sages en déduisent que dans l’action, le collectif est essentiel, alors que dans l’interprétation, chacun peut développer sa propre version. Dieu ordonne à Moïse de présenter l’Alliance d’abord à la maison de Jacob, puis au peuple.

Un célèbre midrach, Mechilta, indique qu’il s’agit de la présenter d’abord aux femmes. Les commentateurs en donnent plusieurs raisons possibles : elles sont plus rigoureuses, elles éduqueront les enfants, ou encore pour s’assurer qu’elles ne violeront pas les commandements (sic !).

Bien qu’elles aient reçu la Torah avant les hommes, pendant près de 2000 ans, elles n’ont pas reçu la même éducation religieuse. Ce n’est qu’en 1917 que fut fondée la première école pour filles par Sarah Schenirer, avec le soutien du Rabbin de Belz et du Hefetz Haïm. Le rôle des femmes peut donc être rétabli, mais du chemin reste à parcourir.

Selon le Rav Sacks, les femmes sont porteuses de la Torah chessed, celle de la bienveillance. Les hommes sont associés à la Torat Emet, la Vérité. Systématiquement, lorsque les deux sont associées, Torat chessed précède la vérité.

 

*Selon les enseignements du Rav Sacks

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