Réflexion sur la parasha Terouma

La paracha Teroumah raconte, avec force de détails, la création du Tabernacle, dans lesquelles sont posées les tables de la loi. Curieusement, alors que la création du monde est décrite en seulement 34 versets, celle du Tabernacle en demande 10 fois plus (1/3 du Livre). La description de la construction du Sanctuaire, du bois dont il est fait, occupe dix fois plus de place que celle de la totalité de la création de l’univers. Comment comprendre ce paradoxe qui possède effectivement une signification très profonde ? La finalité de la Torah n’est pas de fournir à l’homme une information sur la structure du monde, mais de lui dire quelque chose sur la signification de son existence dans le cadre de ce monde.

Un ouvrage collectif

Cette approche permet de comprendre que ce qui importe, c’est le processus de construction. En effet, dans sa vulnérabilité, l’homme s’est montré capable de construire une maison pour D.ieu, un lieu hautement symbolique, alors qu’Il ne vit pas dans une construction mais dans le coeur des constructeurs. La construction du Tabernacle est ainsi décrite comme un acte collectif, sans considération pour les fonctions spécifiques de chacun au sein du peuple, c’est l’égalité. Lorsque le peuple s’engage dans cet acte collectif, pour la première fois, il prend seul son destin en main. Jusque-là, l’esclavage a rendu le peuple passif et craintif. Il se plaint :

– Il reproche à Moise d’être intervenu auprès de pharaon qui a rendu leur labeur plus dure.
– Il se plaint que Moïse les emmène mourir dans le désert.
– Après le miracle de la mer rouge, il se plaint d’avoir faim et soif.

La construction du Tabernacle a donc contribué considérablement à la cohésion de la nation. Devenant des constructeurs, les individus sont devenus partie à un projet commun, des citoyens.
Tocqueville décrit également ce phénomène : Lorsqu’un pouvoir central fait tout au nom du peuple, ce dernier stagne dans un état de développement interrompu. Il se plaint au lieu d’agir. Il se laisse sombrer dans l’apathie.
Il n’existe qu’une seule solution : faire en sorte que les individus soient co-constructeurs de leur propre destin, en les amenant à élaborer un projet collectif, en les faisant travailler en équipe et leur prouvant qu’ils ne sont pas improductifs, qu’ils sont responsables et capables de mener des actions collectives.

 

*Selon les anciennement du Rav Sacks

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