Depuis le 5 et jusqu’au 16 décembre, le Théatre de la vie présente la pièce Dans les bras nus de la vie. Mis en scène par Catherine Demaiffe, cette pièce s’inspire librement des journaux et lettres rédigés par Etty Hillesum, jeune femme juive pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle s’appelle Etty. Elle a 27 ans. Elle est fantasque, passionnée, libre. Profonde et légère, piquante et sensible, grivoise et sentimentale. Paradoxale.
Elle voudrait être un grand auteur pour éclairer le monde de ses formules brillantes. Mais Etty est juive, on est en 1940, le monde sombre dans les ténèbres. Il va lui falloir dégager un chemin pour apaiser la fureur du chaos qui la dévore. L’écriture la sauve. Son journal est une ode à la joie, à l’irréductible victoire de l’amour. Une réponse imparable à l’impasse existentielle dans laquelle notre monde s’épuise aujourd’hui.
« Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine, ou bien domine cette haine et la change en autre chose, peut-être même à la longue en amour. Je suis une femme heureuse et je chante les louanges de cette vie, oui vous l’avez bien lu, en l’an de grâce 1942, la énième année de guerre.»

Une création à la frontière entre réel et fiction, au cœur des parts d’ombre et de lumière de chacun d’entre nous. Un miroir de l’inextricable complexité de la vie. De son ineffable beauté.
« Quand je cesse d’être sur mes gardes pour m’abandonner à moi-même
me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie
et ses bras qui m’enlacent sont si doux et si protecteurs
et le battement de son cœur si bon si lent si régulier
presque étouffé mais si fidèle
assez fort pour ne jamais cesser ».
Etty Hillesum aura eu une vie très particulière. En Effet, après ses études de droits à Amsterdam, elle demandera, de son plein gré, à être transférée au camp de détention nazi de Westbrook. Elle travaillera dans l’assistance sociale aux personnes en transit, organisé par la Judenrat. C’est durant cette période que se développera sa pensée et ses inclinations vers la mystique chrétienne. Cette femme est une personne instruite et érudite, autant intéressée par la philosophie, la psychologie et l’étude du spirituelle.

L’évolution de sa pensée et de ses réflexions vont la menée à une abnégation totale, le centre de sa vie devient l’aide à l’autre. Il ne faut néanmoins pas voir cette abnégation comme un oubli totale des valeurs qui lui sont chères et dont il a été question plus haut. Au contraire, sa amour de la vie et sa foi en l’humanité resterons centrale dans sa façon de vivre et de voir le monde.
Etty Hillesum n’a malheureusement pas la même notoriété que d’autres personnalités notables de la Seconde Guerre mondiale au près du grand public. Il faut néanmoins noter qu’il existe un nombre très grand de référence, de texte et d’étude universitaire la concernant. En effet, son histoire fascine et permet de créer l’espoir chez un grand nombre d’entre nous. Si Etty gardait espoir et n’avait comme plus grand désir que celui d’aider son prochain, pourquoi ne suivrions nous pas tous cet exemple?
Etty sera finalement déporté à Auschwitz ou elle sera assassiné par les nazis le 30 novembre 1943. Elle écrira à la dernière page de son journal datant du 12 octobre 1942 :
« J’ai rompu mon corps comme le pain et l’ai partagé entre les hommes ».
Informations supplémentaire :
https://www.theatredelavie.be/spectacle/dans-les-bras-nus-de-la-vie/
Du 5 décembre au 16 décembre au Théatre de la Vie
Le spectacle à une durée de 1 heure, et les prix sont à la guise du public, de 3€ à 13€.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Etty_Hillesum
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Juifs_aux_Pays-Bas