Les Israélites poursuivent leur chemin vers la terre promise et approchent les territoires de Moav. Le roi de Moav, Balak, et les Midianites, en appellent au prophète païen Bilaam pour qu’il maudisse Israël.
La prophétie de Bilaam
Bilaam dispose de réels pouvoirs surnaturels, et de tous les attributs du prophètemais était décrit comme un magicien, ce qui est proscrit. Mais il n’avait aucun engagement, aucune loyauté, aucun enracinement dans l’humanité. Il était l’homme « belo am », sans peuple.
Son histoire nous rappelle que Dieu n’apparaît pas seulement aux Juifs. Bilaam n’était pas un Israélite. Ni Ni Abimelekh ni Laban, à qui Dieu apparaît dans le livre de la Genèse, ni Yitro, le beau-père de Moïse, qui était un grand prêtre midianite. Lorsque les émissaires de Balak demandent à Bilaam de les suivre, il s’adresse à Dieu qui lui demande de refuser. Mais les émissaires insistent, et finalement Dieu lui propose d’accepter à condition que Bilaam ne prononce que les paroles qu’Il mettra dans sa bouche. Ce revirement semble curieux. Pourquoi d’abord refuser à Bilaam puis le laisser suivre les émissaires de Balak?
En réalité, Bilaam n’a pas accepté le premier refus. Il espère un changement de la volonté divine. Mais les Sages l’expliquent autrement : « L’homme est conduit sur le chemin qu’il choisit de suivre. » Cet épisode démontre la différence entre la vraie et la fausse prophétie. Le faux prophète parle. Le vrai Prophète écoute. Le faux prophète dit aux gens ce qu’ils veulent entendre. Le vrai Prophète leur dit ce qu’ils ont besoin d’entendre. Le faux prophète croit en ses propres pouvoirs. Le vrai Prophète sait qu’il n’a aucun pouvoir. Le faux prophète parle de sa propre voix. Le vrai Prophète parle d’une voix qui n’est pas la sienne.
Bilaam suit donc les émissaires sur son âne mais celui-ci se fige au milieu de la route. L’âne aperçoit un ange, sabre levé, mais Bilaam ne le voit pas et frappe l’âne à plusieurs reprises. Bilaam entend, ou s’agit-il d’un songe, son âne lui parler de l’ange. Ici, c’est l’âne qui se transforme en prophète, et le prophète en âne. Ensuite, à trois reprises, Bilaam tente de satisfaire le roi Balak et de maudire Israël. Mais seules des paroles de bénédiction sortent de sa bouche. Balak abandonne alors son dessein.
*Selon les enseignements du Rav Sacks