“A la recherche de l’autre temps” par Daniel Sibony

Nouveau livre de Daniel Sibony paru le 2 novembre 2020 ; vente en ligne
Participez à sa présentation le 16/11/2020 à 20h30
en ligne : https://lilmod.zoom.us/j/87391258837?pwd=NVNkc0E3N095dWNGUHVDQ1JBeHZYZz09 – Code : 123

Né à Marrakech, entre hébreu arabe et français, émigré à Paris, où il devient chercheur en maths, puis psychanalyste et écrivain; auteur d’une quarantaine de livres portant sur la clinique, les identités, les transmissions symboliques, l’art contemporain, le théâtre, les religions, la psychopathologie du social, la danse, etc. Par ailleurs, docteur d’État en mathématiques et docteur d’État en philosophie; professeur des universités. Expertise en Bible et en Coran.
Il anime chaque année depuis 1974 un séminaire indépendant consacré aux questions thérapeutiques et aux pratiques créatives et symboliques dans leurs rapports à l’inconscient.

Par quel bout prendre le temps ? Comment « prendre » le temps, à la fois pour le penser et pour le vivre ? Il y a déjà une « prise » de temps qui s’est faite sans nous, qui s’exprime via les horloges, les agendas ; on s’y raccroche pour marquer une durée et fixer des origines. Ce livre montre qu’il y a d’autres prises de temps, et offre les notions pour les unifier, notamment celle de « fibres temporelles », d’objets-temps c’est-à-dire d’objets porteurs de temps, un temps qui nous défie de le prendre, de l’extraire ; et pas seulement de la mémoire, comme Proust hanté par le passé à retrouver, mais de l’épreuve actuelle, dans la rencontre, dans l’acte du commencement et dans la durée qui s’ensuit.Le temps peut sembler irréel, il s’agit de le « réaliser », pour cela, il faut le « prendre ». Et si le temps existe dans la mesure où on le « prend », cela vaut la peine de réfléchir aux façons dont on s’y prend et dont on s’ouvre à l’autre temps.Le livre mène un dialogue fécond entre les aspects psychique et physique de notre rapport temps, abordant au passage une « clinique » du temps comme le symptôme compulsif des gens pressés, stressés, et de ceux qui procrastinent.Ce voyage met en lumière l’émergence du temps dans l’infini des possibles. Par là-même, il dégage un lien subtil entre temps et inconscient ; on dit que l’inconscient ignore le temps, et s’il était une de ses sources les plus fécondes ?
Daniel Sibony

Pour en savoir plus:
http://www.danielsibony.com/
https://www.youtube.com/channel/UC_aUT_5bo1LMwIiD-w8gvjA

Le combat de Rivka pour recevoir son guet.

Dans le cadre de notre activité du 18/11/2020 à 20h00 : https://maisondelaculturejuive.be/evenements/avoir-son-guett-le-parcours-des-combattantes/
en compagnie de Katy Bisraor Ayache, nous avons le plaisir de relayer un article de son blog:
http://frblogs.timesofisrael.com/author/katy-bisraor-ayache/
www.endirectdejerusalem.com

Après des mois de lutte et de solitude, Rivka, 25 ans, mère de trois enfants vivant à Jérusalem, a choisi de raconter publiquement son combat pour sa liberté, son combat pour obtenir son guet. Après avoir souffert en silence pendant deux ans et demi, Rivka a décidé de dévoiler sur les réseaux sociaux le cauchemar dans lequel elle vit.
Les griefs de l’un contre l’autre, aussi graves soient-ils ne peuvent être l’objets d’un débat public. Ce serait fausser le débat de vouloir se faire juge d’une histoire.
Le choix douloureux et désespéré qu’a fait Rivka de raconter sa vie et son intimité sur les réseaux sociaux, permettra-t-il de mettre fin au conflit ?
Cette nouvelle tragédie de lutte pour le guet impose une réflexion urgente. Lorsqu’il n’y a plus de chance de vie en commun, l’homme doit donner le guet à sa femme, et la femme doit accepter ce guet. C’est la Loi juive. Ce message doit devenir la norme.
Le dossier de Rivka est chez nous depuis deux ans. Avec le soutien actif des autorités rabbiniques et des tribunaux rabbiniques en France et en Israël, tout a été tenté pour arriver à une solution à l’amiable. En vain.

Rivka veut tout simplement sa liberté.

Nous sommes face à un cas cruel, immoral et intolérable de refus de guet. Un homme porte atteinte à la liberté d’une femme, viole ses droits les plus élémentaires, la retient de force dans une prison. Un guet en 2020 ne s’achète pas. Ce temps est révolu. Le mari de Rivka et les autres maris récalcitrants doivent le savoir.
Le guet est un droit. Le guet est un devoir. Le guet est une mitzva. (Dvarim, Deutéronome, 24)

« Il y a un temps pour la guerre, il y a un temps pour la paix, » et le temps de la paix est venu, avant que la violence des uns contre les autres sur les réseaux sociaux ne brise le couple, leur famille, leurs enfants.

Le temps est venu pour Rivka et pour son mari de continuer leur vie avec dignité. Nous espérons, que le choix douloureux et désespéré qu’a fait Rivka de raconter son histoire, sa vie, son intimité sur les réseaux sociaux, permettra rapidement de mettre fin au conflit.

Rivka ne veut pas faire la guerre. Rivka ne veut pas porter atteinte au père de ses enfants. Rivka veut tout simplement sa liberté.

Katy Bisraor Ayache.
Février 2020

à propos de l’auteur

Katy Bisraor Ayache est journaliste et toénet rabbanit, avocate devant les Tribunaux rabbiniques d’Israël et spécialisée dans le Droit de la Famille. Cette profession d’avocate devant les tribunaux rabbiniques a longtemps été interdite aux femmes et l’ouverture d’un cursus par le Rabbinat représente un des grands acquis dans la lutte pour le statut de la femme au sein du judaïsme. Katy Bisraor est l’auteur du Blog, endirectdejerusalem.com, qui couvre l’actualité de la société israélienne, avec au début de l’année 2019, plus de 10.000 abonnés. Katy a publié en mars 2013 aux éditions Inpress, ” Israël, Chroniques intimes d’un pays, une journaliste raconte ” un livre à succès auprès de la communauté juive francophone. Et en 2016 le livre ” Le Mariage, tout sur le mariage juif ” aux éditions Pardess Créations. Elle a travaillé sur plusieurs études concernant le nouveau statut des femmes dans le judaïsme, les femmes ultra-orthodoxes ainsi que sur les femmes bédouines. Katy a été pendant plus de trente ans, de 1981 à 2018 la correspondante de Radio J en Israël et a couvert au quotidien l’actualité d’Israël pour la radio. Aujourd’hui, Katy représente devant les Tribunaux rabbiniques israéliens, des femmes (et des hommes ) dans leur procédure de divorce et dans leur combat pour obtenir leur guet.

Notre rendez-vous est pris pour notre activité du 18/11/2020 à 20h00 : https://maisondelaculturejuive.be/evenements/avoir-son-guett-le-parcours-des-combattantes/
Veuillez acheter un accès zoom sur notre site! Tous les bénéfices seront reverser à l’association “Tamid Yahad

Œuvre originale et faux en peinture : L’avant-garde russe au Musée Ludwig


Il y a quelque cent ans, en Russie, des artistes influencés par les courants novateurs de la
peinture, fauvisme, cubisme, futurisme…, inventaient un art non figuratif dont les formes
géométriques colorées et le dynamisme spatial défiaient toute la tradition picturale
occidentale. Enthousiasmés par la révolution russe et ses promesses de construction d’un
monde nouveau, ces précurseurs de l’art abstrait furent pour la plupart victimes du
Stalinisme et de son « réalisme socialiste ». Enfermé dans les réserves et dépôts des
musées soviétiques, l’art expérimental de cette « avant-garde » fut redécouvert durant la
Guerre froide, aux États-Unis et en Europe de l’Ouest. Exposée au Stedelijk Museum
d’Amsterdam (1957), la peinture suprématiste de Kazimir Malevitch fut à l’honneur dans
l’exposition « 50 ans d’art moderne » au Palais des Beaux Arts de Bruxelles durant
l’exposition universelle de 58. L’engouement occidental pour cette avant-garde russe incita
finalement les autorités soviétiques à réévaluer un patrimoine artistique jusqu’alors
strictement occulté. L’exposition Paris-Moscou à Beaubourg (1979) affirma la volonté
soviétique d’instrumentaliser à des fins politiques l’art réprouvé de cette avant-garde.
Proche de la gare centrale de Cologne, le musée Ludwig possède l’une des plus
importantes collections des artistes de cette avant-garde russe, si importante pour l’essor
de l’art abstrait mais dont l’intégrité du patrimoine s’est vue remise en question ces
dernières années par de retentissants scandales sur le marché de l’art comme aux
musées. Ainsi, en 2018, au Musée des Beaux-arts de Gand, une collection privée de
peintures inédites des inventeurs russes de l’art abstrait (Kandinsky, Malevitch) déclencha
une polémique virulente suivie de la suspension de la directrice du musée, pour avoir
cautionné une exposition de faux. Les œuvres de l’avant-garde russe ont été l’objet de
nombreuses contrefaçons et ceci dès le début de leur diffusion à l’Ouest dans les années
60-70.
La nouvelle exposition temporaire « L’avant-garde russe au musée Ludwig : Original et
faux » contribue à l’approche scientifique de la contrefaçon artistique. Un phénomène
dangereux, qui remet en question la valeur marchande des œuvres mais surtout fausse
notre vision et notre connaissance de l’œuvre d’artistes réputés. Répartie dans trois salles
du musée, cette exposition scientifique et didactique montre 24 œuvres, soit le quart de la
collection de peintures de l’avant-garde russe du musée Ludwig. Chacune de ces
peintures a été l’objet d’un rigoureux travail d’expertise : étude de provenance, analyse
stylistique et techniques de laboratoire (rayons X et infrarouges, composition des pigments
et de la toile, etc.). Ces recherches permettent d’identifier les toiles problématiques et
«non authentiques». Ainsi, une composition abstraite, peinte à la détrempe sur papier et
attribuée à El Lissitzky, est inspirée de la reproduction d’une œuvre authentique,
conservée à Harvard, de cet artiste juif, invité par Chagall à enseigner à l’école d’art de
Vitebsk. Élève de Chagall et d’El Lissitzky, membre du mouvement suprématiste UNOVIS
créé par Malevitch à Vitebsk, l’artiste juif Ilia Tchachnik est représenté par une peinture à
l’huile suprématiste, dont l’authenticité est remise en question tant par l’analyse stylistique
que chimique. De même une composition suprématiste attribuée à la peintre Nina Kogan,
élève de Malevitch et née d’un père juif converti à l’orthodoxie russe, se révèle être une
falsification moderne.
Comme le soulignent les auteurs du catalogue bilingue (allemand, anglais) de cette
captivante exposition la production et la circulation de faux en peinture reste un
phénomène mal documenté et surtout difficile à établir juridiquement.
Roland Baumann

Exposition : Russische Avantgarde im Museum Ludwig : Original und Fälschung.
Jusqu’au 3 janvier 2021, Museum Ludwig, Cologne, mardi-dimanche 10-18h
www.museum-ludwig.de